"Eric et moi avons oeuvré parfois 7 jours sur 7 afin de contribuer à étudier le bloom : l’efflorescence des micros algues sous la banquise dès le retour du soleil. Poésie
également sur le terrain où tous les 2 jours l’eau de mer fut sondée (CTD), échantillonnée, la glace percée puis prélevée, non loin du mât météo interrogeant le ciel et du courantomètre auscultant les eaux… avec alentours, la splendeur de la banquise. Après le terrain vient la partie laboratoire. A l’aide d’une rampe de filtration d’eau de mer, de fioles et de produits divers, nous avons méthodiquement accumulé les échantillons demandés par -80°C, -20°C ou +4°C, jusqu’à ce que la banquise ne nous porte plus.

Eté 2014. Passer 5 semaines sur la côte est du Groenland a nécessité 17 jours de navigation à l’aller et 3 semaines pour rentrer, non sans quelques mésaventures… Le 28 juillet Vagabond s’est extirpé des glaces. Tard, retard. Quelques jours après on cogne violemment un haut fond non cartographié. Puis par brume épaisse, un iceberg heurté à bonne vitesse ratatine le nez de Vagabond. Déception, vigilance. Du mauvais temps, de fortes houles mais une nature radieuse. A l’arrivée, nos géologues favoris (cinquième mission avec eux) nous attendent pour monter plus au nord étudier les dykes et marges volcaniques. S’ensuivent un groupe de sympathiques trekkeurs dont le guide, Michael Charavin vient de boucler un superbe tour du Groenland à ski tracté par kite (5000km en 2 mois !) (http://latitudes-nord.fr/), puis 2 groupes de photographes guidés par notre illustre ami photographe Christian Morel (http://www.christianmorel.net/). Retour musclé… dans un crépuscule ourlé de bourrasques de neige, de growlers et de vent (50 noeuds) la grand voile se déchire. Travaux en vue, un chantier est à envisager.

Nous voici à Qikiqtarjuaq, il fait autour de -40°C depuis une semaine, le soleil inonde la banquise Nous voici à Qikiqtarjuaq, il fait autour de -40°C depuis une semaine, le soleil inonde la banquise de ses rayons froids pendant quelques heures, en rasant les sommets au sud.

Cette année, entre 6 et 20 scientifiques arrivent en renfort, heureux d’avoir un terrain préparé grâce à notre présence. Loger, nourrir, assurer la sécurité, les bonnes installations scientifiques, au village comme sur la banquise, demande un peu de diplomatie et de logistique. Et d’autant plus dans une communauté de 500 habitants où la valeur des choses est en partie dictée par l’isolement géographique et les rigueurs du climat. Néanmoins, les sorties plongées assurent un bol d’air à toute la famille en ce début d’année, et les clams récoltées nous régalent !"

A bientôt,

France Pinczon du Sel

*voilier d’expédition conçu pour naviguer dans les glaces. Depuis 2000, il est un support logistique unique en son genre, un camp de base itinérant pour scientifiques.

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